Fendre (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
(se conjugue comme Attendre ). X e siècle. Issu du latin findere, «
I. V. tr.
1. Diviser en long. Fendre du bois. Fendre une bûche avec un coin, une cognée. Fendre de l'ardoise. La foudre a fendu ce châtaignier.
2. Provoquer une ou plusieurs fentes ou fissures dans un corps, une matière, etc. D'un coup de sabre, il fendit la tête de son adversaire. La trop grande sècheresse fend la terre. Ces pierres ont été fendues par le gel. Expr. Geler à pierre
3. Traverser une masse, un élément quelconque en en séparant les parties. Le soc de la charrue fend la terre. Le navire fendait les flots. Le nageur fendait l'eau à longues brasses. Une flèche fendit l'air. Par anal. Fendre la foule, s'y frayer un passage.
II. V. pron.
1. Avec un sens passif. Être divisé en long. Ce bois se fend aisément.
2. Se fissurer, s'entrouvrir, se disjoindre. La glace se fendit sous ses pieds. Cette plaque de marbre s'est fendue en plusieurs endroits. Par anal. Lorsqu'ils sont bien mûrs, certains grains de raisin se fendent. Fig. Mon cœur se fend, est ému de compassion ou est brisé par le chagrin. Son cœur se fend à la pensée de ne plus la revoir.
3. Réfléchi indirect. Je me suis fendu la lèvre. Il s'est fendu le crâne en tombant. Expr. fig. et vulg. Se
4. Attaquer vivement l'adversaire, en se lançant en avant et en retombant sur une jambe fléchie, l'autre jambe restant tendue en arrière. Fendez-vous !
5. Vulg. Se
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Diviser en long. "Fendre un arbre. Fendre du bois. Fendre en deux. Fendre avec des coins, avec une cognée. Fendre la peau légèrement."
Fig. et fam., "Fendre la tête à quelqu'un," L'incommoder en faisant un grand bruit. "Ils me fendent la tête avec leurs cris." On dit de même : "Ce bruit, ce tapage me fend la tête."
Fig., "Fendre le coeur," Exciter une très vive compassion. "Ce spectacle était à
Il signifie par analogie Traverser avec effort un corps, une masse quelconque en en séparant les parties. "Un navire qui fend l'eau, qui fend les vagues. Fendre l'eau en nageant. Un oiseau qui fend l'air. Fendre la foule."
Il signifie encore Faire que les parties d'un corps continu se séparent et laissent des intervalles entre elles. "La trop grande sécheresse fend la terre. La gelée fend les pierres. Il a gelé à pierre
SE FENDRE signifie S'entrouvrir, se gercer. "La glace se fendit sous ses pieds. Cette plaque de marbre s'est fendue en plusieurs endroits. Une muraille qui commence à se
En termes d'Escrime, il signifie Écarter les jambes de manière à porter en avant un pied loin de l'autre. "Fendez-vous."
Le participe passé s'emploie comme adjectif, surtout dans les phrases suivantes :
"Des yeux bien fendus," Des yeux grands et un peu longs.
Par exagération et par plaisanterie, "Avoir la bouche fendue jusqu'aux oreilles," Avoir une bouche fort grande.
"Ce cheval a les naseaux bien fendus," Il a les narines fort ouvertes.
"Être bien fendu," se dit d'un Homme qui a les cuisses et les jambes longues.
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Diviser un corps dur ou résistant dans le sens de sa longueur. Fendre du bois. Fendre la tête d'un coup de sabre. Fendre la terre avec une charrue.
SACI: « Vous écraserez contre terre leurs petits enfants, et vous
LESAGE: « Je vais te
VOLT.: « L'archevêque, la bulle à la main, fit massacrer tous les convives ; on fendit le ventre au grand prieur de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, et on lui arracha le coeur »
VOLT.: « L'officier, qui ne peut exercer aucun métier, fut réduit à
VOLT.: « Ce guerrier franc qui ne voulut jamais permettre que Clovis ôtât du butin général un vase de l'église de Reims, et qui fendit le vase à coups de hache, sans que le chef osât l'en empêcher »
Fig. Fendre la tête à quelqu'un, lui faire aux oreilles un bruit insupportable.
BOILEAU: « De cent coups de marteau me va
Familièrement. Il me semble qu'on me fend la tête, c'est-à-dire j'éprouve un très violent mal de tête.
Fig. Fendre le coeur, exciter la plus vive commisération.
RÉGNIER: « Me lançant un regard qui le coeur me fendit »
DESMARETS: « Et son abord charmant fendrait un coeur de roche »
MOL.: « Ma mie, vous me fendez le coeur ! consolez-vous, je vous prie »
REGNARD: « Ce discours me fend l'âme, hélas ! mon pauvre maître ! »
Fig. Fendre un cheveu en quatre, faire des distinctions, des divisions trop subtiles. C'est vouloir
Fig. Fendre les pieds, ancienne expression qui signifiait renvoyer un domestique.
2 Séparer, traverser les parties d'une masse.
FÉN.: « Les éclairs fendaient la nue de l'un à l'autre pôle »
FÉN.: « Les rameurs fendaient les ondes écumantes »
LESAGE: « Asmodée n'avait pas vanté sans raison son agilité ; il fendit l'air comme une flèche décochée avec violence »
LAMOTTE: « De ses deux bras nerveux il fend la mer émue »
VOLT.: « Je laissai mon vaisseau
Fendre le vent, s'échapper au plus vite ; locution qui tombe en désuétude.
RÉGNIER: « La mer du levant Où le vieux Louchali fendit si bien le vent »
CORN.: « Rien ne semblait plus sûr qu'un si proche hyménée ; Et, parmi ses apprêts, la nuit d'auparavant, Vous sûtes faire gille et fendîtes le vent »
Il a fendu le vent, s'est dit d'un banqueroutier ou d'un fugitif.
Par extension. Fendre une foule, la traverser en l'écartant.
ROTROU: « Mon coeur à cet objet.... Me fit
BOILEAU: « En quelque endroit que j'aille, il faut
VOLT.: « Il fend les flots du peuple et la troupe craintive »
3 Faire que les parties d'un corps continu se séparent et laissent des intervalles entre elles. La gelée fend les pierres.
VOIT.: « Le soleil, qui fend ici la terre et qui brûle les rochers, n'a pu à grand'peine que m'échauffer »
Populairement. Geler à pierre
SÉV.: « Il gelait la semaine passée à pierre
Fig.
SÉV.: « Mlle de la Trousse dont la douleur fend les pierres »
4 V. n. Il ne s'emploie que figurément et avec coeur ou tête. Le coeur me fend, c'est-à-dire j'éprouve un vif chagrin, une vive pitié.
La tête me fend, c'est-à-dire j'éprouve un embarras extrême à la tête, soit à cause du bruit qu'on fait, soit à cause des occupations qui me surchargent.
VOLT.: « Pour moi, la tête me fend, ma cervelle bout du czar Pierre et des tragédies, de trois terres que je gouverne bien ou mal.... »
5 Se
6 Il se dit d'une masse dont les parties se séparent et laissent des ouvertures entre elles.
TRISTAN: « Les enfers vont s'ouvrir et la terre se fend »
SCARRON: « Du soleil la terre embrasée, Faute de pluie et de rosée, Se fendit en plusieurs endroits »
SÉGUR: « Vers minuit le passage a commencé ; mais les premiers qui s'éloignent du bord avertissent que la glace plie sous eux, qu'elle s'enfonce, qu'ils marchent dans l'eau jusqu'au genou ; et bientôt on entend ce frêle appui se
Par extension, il se dit d'une foule qui s'ouvre.
SCARRON: « Qui, voyant venir les Troyens, Se fendant, leur firent passage »
Fig.
RÉGNIER: « Mon coeur se fend d'amour et s'ouvre à la pitié »
TRISTAN: « Mon coeur à ce discours se fend par la moitié »
SÉV.: « Il semble que mon coeur veuille se
REGNARD: « Ah ! quel coeur de rocher et quelle âme assez noire Ne se fendrait en quatre en entendant ces mots ? »
VOLT.: « Mes larmes l'arrosent, et mon coeur qui se fend s'échappe vers vous »
CHATEAUB.: « [La beauté que le chrétien adore] Si un seul de ses regards tombait directement sur le coeur de l'homme, il ne pourrait le soutenir, il se fendrait de délices »
Avec suppression du pronom personnel.
VOIT.: « Je vous assure qu'il n'y eut jamais une tristesse pareille à la mienne : et, si j'osais écrire des lettres pitoyables, je dirais des choses qui vous feraient
SÉV.: « Mme de Longueville fait
7 Terme d'escrime. Se
8 Populairement. Se
Absolument. Quand il s'agit de se
HISTORIQUE
Xème siècle
Fragm. de Val. p. 469: Fendut que tost le volebat
XIème siècle
Ch. de Rol. XXII: Donc [il] a tel duel [deuil] pur po [peu] d'ire ne fend
XIIème siècle
Ronc. p. 61: D'un chef en l'autre [il] lui a frait et fendu [l'escu]
Couci, v: Pourtant peüst mes cuers [mon coeur pourrait] de dolor
XIIIème siècle
Ren. 10282: Lanfroi, qui le bois soloit vendre, Un chesne ot conmencié à
ib. 339: Et Renart s'est acheminez, Et s'en vait par le bois fendant
JOINV.: « Or avint ainsi que je trouvai un gamboison d'estoupes à un Sarrasin, je tournai le fendu [le côté ouvert] devers moy, et fis escu du gamboison, qui m'ot grant mestier »
XVème siècle
FROISS.: « Adonc descendit Philippe de l'eschafaud où il avoit presché et s'en vint, fendant le marché, jusques à son hostel »
COQUILLART: « Ouvrez vos yeulx, fendés vos testes, Oyez nos sciences honnestes, Puisque l'heure y est disposée »
XVIème siècle
RAB.: « Mercure fend le vuyde de l'aer, descend legierement en terre, et.... »
RAB.: « Nous veismes Ouy dire : il avoyt la gueulle fendue jusques aux oreilles »
MAROT: « La terre fend, et parmi ses fendaces La grand lueur jusqu'aux regions basses A penetré »
MAROT: « Du bruit des voix tout l'air fendoit »
AMYOT: « Le chartier ne laissa pas pour ses prieres de chasser les chevaux, de maniere que les autres enfants se fendirent pour le laisser passer »
AMYOT: « Il fendit incontinent et entr'ouvrit l'endroit de la bataille des ennemis, où il donna »
AMYOT: « ....Cratesiclea, en l'embrassant et baisant, sentit que le cueur luy soublevoit et fendoit de regret et de douleur »
COTGRAVE: « Geler à pierre fendante »
MONT.: « Je ne veulx ny debattre avecques un nuissier de porte, miserable incogneu, ny faire
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. l'abre se foint ; provenç
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Diviser, couper en long. "Fendre un arbre. Fendre du bois. Fendre en deux. Fendre avec des coins, avec une cognée. Fendre la terre avec une charrue. Fendre la tête d'un coup de sabre. Fendre avec des ciseaux, avec un canif. Fendre la peau légèrement. Il avait les jambes tellement enflées, qu'on fut obligé de
Fam., "Il me semble qu'on me fend la tête," se dit Pour exprimer qu'on a un violent mal de tête.
Fig. et fam., "Fendre la tête à quelqu'un," L'incommoder en faisant un grand bruit. "Ils me fendent la tête avec leurs cris." On dit de même: "Ce bruit, ce tapage me fend la tête. C'est un bruit qui fend la tête, un bruit à
Fig., "Fendre le coeur," se dit De ce qui excite une très-vive compassion. "Ce spectacle était à
Prov. et fig., "Fendre un cheveu en quatre," Faire des distinctions, des divisions subtiles. On dit de même: "C'est vouloir
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie également, Séparer, écarter les parties d'un corps, d'une masse quelconque, en les traversant avec un certain effort. "Un navire qui fend l'eau, qui fend les vagues. Fendre l'eau en nageant. Un oiseau qui fend l'air. Fendre la presse, la foule."
Il signifie encore, Faire que les parties d'un corps continu se séparent, et laissent des intervalles entre elles. "La trop grande sécheresse fend la terre. La gelée fend les pierres. Il a gelé à pierre
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est aussi neutre; mais alors il ne s'emploie que figurément et dans ces phrases, "La tête me fend, le coeur me fend," pour marquer un violent mal de tête, un grand sentiment de compassion. "La tête me fend du bruit que l'on fait. Le coeur me fend de douleur. Le coeur me fend de voir souffrir tant de pauvres gens."
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie souvent avec le pronom personnel, et signifie alors, Devenir divisé, séparé, s'entr'ouvrir, se gercer. "Ce bois se fend aisément. La terre se fend de chaleur. Les pierres se fendent par la gelée. La glace se fendit sous ses pieds. Cette plaque de marbre s'est fendue en plusieurs endroits. Une muraille qui commence à se
Il signifie aussi, surtout en termes d'Escrime, Écarter les jambes de manière à porter en avant un pied loin de l'autre. "Fendez-vous."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Couper, diviser en long. "Fendre un arbre. Fendre du bois. Fendre en deux. Fendre avec une cognée. Fendre la tête d'un coup de sabre."
On dit figurément d'Un grand bruit, que "C'est un bruit qui fend la tête, un tapage à
Et on dit aussi figurém. d'Un homme qui fait des distinctions, des divisions trop subtiles, qu'"Il veut
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Fendre, signifie aussi simplement, Diviser, séparer les parties d'un corps continu, soit en long, soit autrement. "La trop grande sécheresse fend la terre. La gelée fend les pierres. Il a gelé à pierre
Il signifie aussi, Séparer par force des choses qui ont quelque union. "Fendre la presse."
3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Fendre, est aussi neutre; mais il ne s'emploie alors que figurément et dans ces phrases: "La tête me fend, le coeur me fend," pour marquer un violent mal de tête, un grand sentiment de compassion. "La téte me fend du bruit que l'on fait. Le coeur me fend de douleur. Le coeur me fend de voir souffrir tant de pauvres gens."
4ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Fendre, se met aussi avec le pronom personnnel, et signifie, Devenir divisé, séparé, s'entr'ouvrir. "Ce bois-là se fend aisément. La terre se fend de chaleur. Les pierres se fendent par la gelée. La pêche se fend. Une muraille qui commence à se
Emplacement dans le dictionnaire :
| fémur fenaison fendage fendant fenderie fendeur fendiller | fendiller (se) fendoir fendu fendue fendule fénerotet | fenestré fenêtrage fenêtre fenêtré fenil fenouil fenouillet |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)...d'autres les ont coupés. 2e LIVRE (VIII) Les branches en arceaux quand le printemps va naître, les ronces sur le mur, le pâturage herbeux, les sentiers de mulets, et cet homme champêtre qui, pour fendre le sol, guide un couple de boeufs, la nuit sur la jetée où le phare s'allume, et l'horizon des flots lorsque le jour paraît ; - qu'importe ! Je respire, ô ville, dans ta brume, la montagne et les...
Citation n°2 de Edmond ABOUT (Le Roi des montagnes)
...dames. C'était une albanaise assez belle, malgré son nez camard. Deux brigands qui rôdaient dans la montagne l'avaient prise tout endimanchée, entre sa mère et son fiancé. Elle poussait des cris à fendre le marbre, mais on la consola bientôt en lui promettant de la relâcher sous quinze jours et de la payer. Elle prit son parti en brave et se réjouit presque d'un malheur qui devait grossir sa dot....
Citation n°3 de Auguste BARBIER (Iambes et poèmes)
...savoir souffrir, mendier et nous taire ; il faut de notre sang engraisser les abus, des fripons et des sots supporter les rebuts ; il faut voir aux clartés de la pure lumière des choses qui feraient fendre et crier la pierre ; puis, dans le creux des doigts enfermer avec soin son âme, et s'en aller gémir en quelque coin ; car la plainte aujourd'hui vous mène au précipice, aux doux épanchements le sol...
Citation n°4 de Edmond ABOUT (La Grèce contemporaine)
...ne savait si elle devait se moquer ou se fâcher, l'aimable officier se mit à lui conter qu'il en avait beaucoup, de ces maudits cors, et dans ce coin-ci, et sur ce doigt-là, et qu'il était forcé de fendre ses souliers lorsqu'ils n'étaient pas très-larges. Un grec, un officier, valsait un soir avec une dame dont le bracelet se détacha ; elle le lui donna à garder ; il le mit dans sa poche. La valse...
Citation n°5 de Joseph JOUBERT (Pensées, essais, maximes et correspondance)
...ni nager, car ils ne savent point s'aider, qui vous serrent de près et vous entraînent, combien je préfère ceux qui aiment à se livrer aux évolutions des oiseaux, à s'élever, à planer, à s'égarer, à fendre l'air, pour revenir à un point fixe, solide et précis ! Avoir fortement des idées, ce n'est rien ; l'important est d'avoir des idées fortes, c'est-à-dire où il y ait une grande force de vérité. Or,...
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici
